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Interview Jean-Gérard Bursztein

18 Juillet 2014

Interview Jean-Gérard Bursztein

Jean-Gérard Bursztein: Je dégage un voisinage entre psychanalyse et Torah.

- Jean-Gérard Burzstein vous êtes psychanalyste, docteur en philosophie, Chargé de conférences à l’Ecole Pratiques des Hautes Etudes. Votre êtes l’auteur du livre “L’Ecclésiaste Une approche psychanalytique” Editions hermann. Comment mettre en perspective Torah et psychanalyse?

Jean-Gérard Burzstein : Je considère tout d'abord que la Torah n'est pas seulement un livre de religion ou de croyances mais un écrit de sagesse portant sur un savoir qu'il faut déchiffrer dans les métaphores (machal). Comme il faut déchiffrer le savoir inconscient à travers les formations de l'inconscient qui s'expriment dans les lapsus, les rêves, les symptômes et les actes manqués. Fondamentalement je pose qu'il existe une analogie de structure entre la thèse psychanalytique selon laquelle l'Un n'existe qu'à n'être pas ( Lacan ) et l'Un selon Maïmonide. Les recherches psychanalytiques liées à la topologie montre qu'il s'agit là d'une relation profonde entre le continu et le discret – cf : René Thom et sa reprise topologique des formulations d'Aristote.

- En quoi consiste votre méthode?

J.-G. B. : Elle n'est pas universitaire mais psychanalytique. Elle consiste à produire des interprétations lorsque j'arrive à faire adhérer mon inconscient aux métaphores de la Torah. C'est ainsi que je dégage un voisinage entre psychanalyse et Torah. J'ai bien conscience que celle-ci est limitée mais j'ai réussi ces trois derniers années à faire un commentaire psychanalytique de la Torah que je compte publier prochainement.

- Pensez-vous que cette méthode heurtera les philosophes de la religion?

J.-G. B.: Ma méthode risque de déplaire aux philosophes de la religion dans la mesure où celle-ci ne consiste pas à interpréter le texte par d'autres textes, mais à introduire des significations nouvelles. Par ailleurs, je me situe dans une ligne très classique où mon point de départ n'est pas la philosophie de la religion ( Hermann Cohen, Franz Rosenzweig, Emmanuel Levinas ) mais je pars de la Torah, de ses principaux commentaires. Dans cette perspective, je m'appuie sur Maïmonide qui, à l'aide d'Aristote, reformule philosophiquement les grandes thèses du judaïsme. Je travaille en ce moment sur ces questions au travers d'une approche psychanalytique de Maïmonide. Il faut en effet prendre en compte le renouveau en Europe des études aristotéliciennes. Renouveau qui impose un retour aussi sur la tradition juive et sa philosophie. J'ajoute un point essentiel pour moi. A la différence des juifs religieux, je pose que cette Loi est l'équivalent universel de l'interdit de l'inceste ( Lacan, dans son séminaire RSI. RSI signifie Réel, Symbolique, Imaginaire. Ce sont les trois dimensions de la subjectivité avec lesquelles Lacan reformule l'hypothèse de l'inconscient posé par Freud ). Pour le psychanalyste et philosophe que j'essaie d'être, cette Loi se réduit à un seul commandement : celui d'avoir à savoir le Mal, ce que la Torah appelle la Faute (HET) et à nous en écarter.

Jean-Gérard Burzstein - “L’Ecclésiaste Une approche psychanalytique” - Editions hermann. Avril 2014 – 154 pages – 20 euros – www.editions-hermann.fr

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