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Interview de Gérard Haddad

19 Novembre 2015

Interview de Gérard Haddad

Gérard Haddad : « Comprendre cette maladie de l’esprit qu’est le fanatisme »

- Gérard Haddad, vous êtes psychanalyste et essayiste, votre dernier livre s’intitule “Dans la main droite de D.ieu” (Premier Parallèle). Comment devient-on fanatique?
Gérard Haddad : Conservons à ce mot son sens le plus fort, à savoir le projet d’imposer, y compris par la force et le meurtre, ce que l’on croit être la vérité absolue. On ne nait bien sûr pas fanatique. L’environnement familial a certes son importance. Mais il joue parfois un rôle minime. Il me semble que, dans la plupart des cas, la conversion fanatique est précédée d’une période où le sujet mène une vie dissolue, délinquante parfois mais qu’il ressent comme vide de sens, une sorte de mort psychique parfois ou, à minima, un désenchantement du monde. Peut survenir alors la rencontre avec un discours fanatique qui va ré-enchanter ce monde Comme dans la paranoïa, tout prend sens alors. Le brouillard se dissipe. On est prêt à se mettre au service de ce discours fanatique.
- Le fanatisme est-t-il seulement religieux?
G.-H. : Il est courant d’assimiler automatiquement le fanatisme à une dérive du religieux. Dans mon ouvrage, j’ai distingué quatre formes de fanatismes, qui souvent se mélangent et brouillent l’analyse. Les fanatismes qui ont fait le plus de mal au XXème siècle, le nazisme et le communisme, étaient antireligieux. A l’inverse de grands croyants ont été à l’avant-garde du combat contre le fanatisme.
- Existe-t-il des moyens pour combattre le fanatisme?
G.-H. : La première étape de ce combat, c’est d’essayer de comprendre cette maladie de l’esprit qu’est le fanatisme. Se contenter de le condamner, de moraliser comme on le fait le plus souvent, me parait totalement inefficace. C’est à cette tâche de compréhension et d’analyse que je m’efforce de contribuer. Les facteurs généraux qui favorisent le développement du fanatisme sont socio-historiques ; humiliations collectives, misère, persécutions. Au niveau individuel, faire renoncer un sujet converti à une forme de fanatisme est très difficile. En conclusion, le fanatisme est une des principales causes du malheur humain.

Gérard Haddad - « Dans la main droite de D.ieu Psychanalyse du fanatisme » - éditions Premier Parallèle - Août 2015 - 130 pages - 12 euros.

Site internet : www.premierparallele.fr

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