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Interview de Claude-Catherine Kiejman

27 Mars 2015

Interview de Claude-Catherine Kiejman

Claude-Catherine Kiejman : Aucune autre femme au XXème siècle n'a autant que Golda contribué à la création d'un état

- Que sait-on de l’enfance et de l’adolescence de Golda Meir ?
Claude-Catherine Kiejman: Née à Kiev en 1898 dans une pauvre famille juive, la petite enfance de Golda Meir est marquée par la terreur des pogroms et par l’impuissance des siens à résister. Ainsi prend- elle très vite conscience qu'il faut apprendre à se défendre pour survivre. Elle n'a que huit ans lorsqu'elle quitte l´Empire des Tsars pour émigrer aux USA avec sa famille, dont sa sœur aînée, qui, militante sioniste, est un modèle pour elle. Devenue une jeune américaine qui se destine à l'enseignement, elle ne s'engage pas moins très jeune dans le mouvement sioniste socialiste avec comme but de rejoindre la Palestine. Ce qu'elle fait en 1921.
- Le passé de Golda Meir a-t-il été déterminant dans sa carrière politique ?
C.-C.-K.: Golda a conscience que les Juifs persécutés depuis des millénaires doivent savoir se défendre et posséder un foyer qui leur soit propre comme l'a voulu Théodore Herzl. Elle y mettra toute son énergie et sa force de conviction.
- Quel rôle a joué Golda Meir dans la création de l’Etat d’Israël ?
C.-C.-K.: Parmi les nombreuses tâches qu'elle remplit, nul doute que sa familiarité avec l' Amérique joue un rôle essentiel car elle va y recueillir, grâce a sa connaissance des milieux juifs américains, des sommes considérables, qui vont servir au jeune État d'Israël à acheter des armes pour lutter contre les armées arabes qui l'attaquent au lendemain de la proclamation de son indépendance.
- Golda Meir était-elle une femme politique par moments controversée ?
C.-C.-K.: Beaucoup lui reprochent son intransigeances, son manque de nuances, et d'être limitée dans ses vues du contexte régional par son obsession de la sécurité. Aujourd'hui, le plus grand reproche qui lui est fait est de ne pas avoir été à la hauteur, lorsque devenue premier ministre à 71 ans, a éclaté la guerre de Kippour déclenchée notamment par l'Égypte et la Syrie. Son parcours n' en reste pas moins remarquable par les nombreuses responsabilités qu' elle a eues. Aucune autre femme au XXème siècle n'a autant que Golda contribué à la création d'un état.

Claude-Catherine Kiejman - “Golda Meir - Une vie pour Israël » - Janvier 2015 - 336 pages - Tallandier. Site : www.tallandier.com

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Interview de Jean-Jacques Moscovitz

21 Mars 2015

Interview de Jean-Jacques Moscovitz

Jean-Jacques Moscovitz: Le cinéma nourrit notre imaginaire

- Jean-Jacques Moscovitz, vous êtes psychiatre, psychanalyste, membre d’Espace analytique, membre fondateur de “Psychanalyse actuelle” (1986) et de l’association “Le regard qui bat”. Vous êtes l’auteur de “Rêver de réparer l’histoire... Psychanalyse Cinéma Politique” (érès). Peut-on faire un rapprochement entre psychanalyse et cinéma?

Jean-Jacques Moscovitz : Oui puisque je le fais . Le cinéma nourrit notre imaginaire, il nous civilise bien qu'il montre des crimes ou des amours fous et impossibles dans la vie de tous les jours et nuits. Ça montre comment s'agencent nos désirs en les amplifiant, et ces désirs sont dits par Freud indestructibles . Freud les nomment ainsi car ce sont des désirs de meurtre et des désirs d'inceste... ils restent le plus souvent inconscients heureusement et le cinéma nous les montre. L'art du cinéma et l'intelligence de l'inconscient se retrouvent, se regardent et s'écoutent.

- Le cinéma est-il un outil incontournable pour maintenir le souvenir de la Shoah?

J.-J.-M. : Le mot outil convient, car le but est de transmettre ce qui s'est passé . Ce n'est pas que l'image soit incontournable (elle est parfois très mal utilisée), c'est que l'image mise en film oblige le spectateur de cinéma à être responsable de ce qu'il perçoit. Utilisée comme dans « Shoah » de Lanzmann, elle permet d'être allégé du poids de ce crime sans précédent.

- D’où vient votre passion pour le cinéma?

J.-J.-M. : Je n’ai pas de passion pour le cinéma. Seulement il m'enseigne ce que les patients en analyse nous disent. Et c'est très fort de découvrir cela, et souvent un psy entend telle personne en analyse parler d'un film qui l'aide beaucoup pour avancer à condition de dire la part des choses. Et quand le praticien sait faire la part des choses entre le récit du film et ce que l'analysant dit dans sa séance

Jean-Jacques Moscovitz - « Rêver de réparer l'histoire...» - éres - 208 pages - janvier 2015 www.editions-eres.com

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