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Interview Elie Kling

28 Avril 2013

Interview Elie Kling

Un ouvrage à la mémoire du grand-rabbin Jean Kling

Elie Kling, vous êtes le fils du grand-rabbin Jean Kling, disparu en 2003. Vous êtes l’auteur d’un livre: “Sous le talith du rabbin” (éditions Lichma). Est-il possible de décrire quels ont été les grands moments du sacerdoce de votre père?

Elie Kling: Mon père a finalement eu une carrière assez stable pour un rabbin aussi … fougueux! Il n'a connu que 3 postes rabbiniques en 40 ans de carrière: 7 ans à La Varenne en région parisienne, 18 ans à Lyon en tant que grand rabbin régional et à peu près autant à Nice et dans les Alpes Maritimes.

Comment est née la vocation du grand-rabbin Kling?

E.K: En franchissant les portes du séminaire rabbinique de la rue Vauquelin à Paris, dans l'immédiat après-guerre, mon père ne comptait pas devenir rabbin. Il voulait juste approfondir ses connaissances en judaïsme afin de pouvoir répondre intelligemment aux interrogations de la jeunesse juive sur la Shoa, et à travers elle, aux questions identitaires face au destin particulier du peuple d'Israël. Son plan était de consacrer quelques heures chaque jour à l'étude de nos textes tout en entamant ses études de droit a la Sorbonne toute proche. La fonction rabbinique elle même ne l'enthousiasmait pas particulièrement : "passer ma vie entre le dais nuptial et la pierre tombale, très peu pour moi", avait-il lancé au grand rabbin Liber, directeur de l'établissement. Finalement, c'est l'étude de la Thora ainsi que la prise de conscience de l'énorme travail de reconstruction qu'il fallait accomplir qui lui fit changer d'avis!

Le grand-rabbin Kling s’est beaucoup investi dans la reconstruction du judaïsme français après la guerre et la Shoa. Quel a été son apport?

E.K: Durant les années noires, la communauté avait été décapitée, de nombreux rabbins et cadres communautaire avaient été déportés et les institutions ne fonctionnaient plus. Ils furent une poignée de jeunes idéalistes à s'atteler à cette difficile tache de la reconstruction. Mon père s'efforça de créer les structures qui manquaient si cruellement. Il s'occupa avec son épouse d'un orphelinat à la Varenne, forma des cadres aux quatre coins de France en tant qu'aumônier de la jeunesse, organisa des colonies de vacances, créa l'école juive a plein temps de Lyon, mit sur pieds une "union rituelle" qui lui permit de multiplier les centres de cacherout et de les superviser, fédéra les communautés dont il avait la charge, construisit des Mikvaot (bains rituels), ouvrit des synagogues et des centres communautaires pour répondre aux besoins des juifs qui résidaient en périphérie et redonna la parole au Judaïsme en le représentant sans jamais mâcher ses mots devant les autorités politiques ou religieuses du pays.

C’était un homme de communication. Il a notamment créé Radio Chalom Nitsan à Nice. Selon lui, une bonne communication était-elle indispensable au maintien de la vie communautaire?

E.K: Il fut certainement l'un des premiers rabbins à comprendre l'importance des médias pour la vitalité d'une communauté et a en tirer les leçons qui s'imposaient de ce constat. Pour lui un rabbin devait aussi être aussi un journaliste, un reporter radio, un commentateur politique, un diffuseur du judaïsme par tous les moyens dont il pouvait disposer: des bulletins communautaires et autres journaux juifs, aux émissions télés, en passant , bien sur , par la radio juive, formidable outil de diffusion qu'il mit beaucoup de soin a mettre sur pieds et dont il dota la communauté niçoise.

Comment expliquer que le grand-rabbin Kling a su influencer sans pour autant imposer?

E.K: Question sans doute de personnalité. Lorsque les gens reconnaissent unanimement dans une même personne de l'intégrité morale, de la simplicité, du désintéressement évident, de l'investissement total au service du judaïsme et je rajouterais aussi du sens de l'humour et de la formule, l'influence s'exerce par elle même et il devient superflu d'imposer.

Pourquoi ce titre: Sous le talith du rabbin?

E.K: Un clin d'œil a deux ou trois anecdotes que je rencontre dans le livre et dans lesquelles le talith du rabbin a jouer un rôle important mais je n'en dirais pas plus afin de laisser a vos lecteurs le plaisir de les découvrir….

Sous le talith du rabbin par Elie Kling Edition Lichma 128 pages. www.lichma.com

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