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Interview de Jean Hirsch

19 Novembre 2013

Interview  de  Jean Hirsch

Jean Hirsch: Les sacrifices ne sont pas un exutoire à la violence

- Jean Hirsch vous êtes docteur en médecine, vous avez entrepris des études de théologie et de philosophie au terme de votre carrière médicale. Vous êtes l’auteur du livre « sacrifices et Talmud » paru aux éditions Cerf. Quelle place les sacrifices occupent-ils dans la théologie?

Jean Hirsch: Selon la conception juive, les sacrifices ne sont pas un exutoire à la violence, pour la simple raison que la she'hita est le seul des quatre actes fondamentaux qui puisse être exécuté par un fidèle qui ne soit pas cohen. L'abattage, l'acte violent du sacrifice est par conséquent subalterne. L'animal exécuté ne prend pas la place du pécheur. Ce dernier en appuyant ses mains sur la tête de l'animal, semi'ha, détaille ses péchés, vidouï, et demande pardon à Dieu et non pas que l'animal prenne sa place. Il n'y a donc pas de théorie de satisfaction vicaire dans le judaïsme.

- Depuis la destruction du second Temple les sacrifices ont été abolis. Qu’est-ce qui les a remplacés ?

J-H: Repentir, prière, charité, coexistent avec les sacrifices dès l'époque où ils forment la matrice du culte. Les sacrifices sont une façon de s'approcher de Dieu (qorban, de qarev qui signifie s'approcher). Ils sont le culte quotidien, certains sacrifices sont offerts pour l'absolution des transgressions involontaires ou dues à une méconnaissance de la loi. Le pardon des autres fautes est accordé grâce au repentir, à la prière, à la charité, et par Yom Kippour qui remplacent les sacrifices évoqués de nos jours dans les prières de Moussaf . Leur étude dans le Talmud montre la complexité des sacrifices, leur spiritualisation. La qualité et la validité du sacrifice sont désormais fonction des pensées de l'offrant et de celles du prêtre officiant.

- Existe-t-il des motifs rationnels dans le rituel des sacrifices ?

J-H: Le peuple juif, imprésario de Dieu depuis l'origine, s'est conformé aux us de l'époque et des autres peuples qui offraient des sacrifices à la transcendance. Selon Maïmonide on ne pouvait pas rompre brusquement avec ce qui se faisait à l'époque et qui était l'unique manière de s'adresser au divin. Le judaïsme l'a spiritualisé: la pensée et la parole accompagnent l'acte et lui donnent sa signification et son existence. Les protestations des prophètes d'Israël ne s'adressaient qu'à ceux qui offraient des sacrifices non sincères.

- Pourquoi avoir consacré un chapitre sur « Hegel, le sacrifice et les juifs ? »

J-H: Pour Hegel, les juifs sont les sacrifiés de l'histoire en raison de leur résistance fermée, butée à l'occasion de la "bonne nouvelle". Le Juif incarne la finitude: il représente la loi, ou plutôt il est l'esclave de la loi juive, c'est à dire qu'il représente la séparation et la scission avec les autres peuples, mais il maitrise également cette loi pour laquelle il a été élu.

Le Juif est le témoin d'une impuissance : ils se sont laissé mener à l'abattoir. Cela entre également dans la catégorie des sacrifices. Qu'est ce que la Shoah en fin de compte, sinon le massacre des circoncis par des baptisés ayant réalisé la réconciliation de l'infini avec le fini depuis des siècles? Le "silence de Dieu" reste un mystère pour Elie Wiesel. Comment Hegel aurait-il interprété Auschwitz? Comme une ad venue de l'Esprit? Aurait-il exprimé des regrets pour sa responsabilité intellectuelle?

Jean Hirsch sacrifices et Talmud Editions Cerf « Patrimoines judaïsme », 208 pages, 30 euros. www.editionsducerf.fr

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Interview d'André H. Kaplun

19 Novembre 2013

Interview  d'André  H.  Kaplun

André H. Kaplun: La reine de Saba

- André H. Kaplun vous êtes avocat, secrétaire de la Fondation ICES (International Centre for Earth Simulation) et ancien président du Conseil municipal de la Ville de Genève. Votre dernier livre s’intitule « La reine de Saba légende ou réalité ? » (éditions Slatkine). Voulez-vous revenir sur la genèse de cet ouvrage ?

André H. Kaplun : Un ami ne sachant que penser de cet illustre personnage de l’Antiquité m’a demandé de faire des recherches et d’en relater le résultat. Ce défi m’a passionné et je suis très heureux d’avoir fait, grâce à lui, un très beau « voyage » dans l’Antiquité.

- Qui était la reine de Saba ?

A-H K. Une souveraine qui aurait régné au Xe siècle avant J.-C. sur un royaume situé au sud de l’Arabie.

- On trouve des références sur la reine de Saba dans la Bible, le Coran et le Kebra Nagast. Ces textes concordent-ils ?

A-H K. Non et c’est précisément la difficulté majeure à laquelle est confronté un chercheur intrépide qui se met en tête de retrouver la trace de cette reine.

- Existe-il des preuves historiques de l’existence de la reine de Saba ?

A-H K. Les seule « preuves » dont on dispose sont les sources religieuses (Ancien Testament, Koran) et littéraire (Kebra Nagast éthiopien).

André H. Kaplun « La reine de Saba légende ou réalité? » 106 pages, Editions Slatkine 2013 www.slatkine.com

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