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Interview Dr. Ariel Toledano

23 Décembre 2015

Interview Dr. Ariel Toledano

Dr. Ariel Toledano : La Kabbale est une philosophie de l’unité

- Dr Ariel Toledano vous êtes médecin, spécialisé en phlébologie et en médecine vasculaire. Vous êtes chargé d’enseignement d’Histoire de la médecine à l’université René Descartes (Paris V). Votre dernier livre s’intitule “Médecine et Kabbale - Le pouvoir des lettres” (In Press). Que signifie le terme Kabbale?
Ariel Toledano : La Kabbale, de la racine du mot kibbel en hébreu signifie « recevoir » qui évoque la transmission d’un savoir. Cette notion si chère au judaïsme est au centre de cette pensée féconde qui tente de comprendre le mystère de la vie.
- Quand vous parlez de “pouvoir des lettres” s’agit-il d’un pouvoir symbolique ou d’un pouvoir réel?
A.-T. : Selon la Kabbale, les lettres hébraïques sont à l’origine du monde. Elles ont donc un pouvoir créatif. En hébreu, la santé se dit bériouth, qui rappelle le mot bara qui signifie création. Etre en bonne santé, c’est être dans un processus de création, dans un processus en mouvement. La découverte de l’ADN composé de 4 nucléotides représentés par 4 lettres dont l’agencement permet de coder une information génétique met en évidence l’idée d’un langage du vivant. Les 22 lettres de l’alphabet hébraïque font écho aux 22 acides aminés indispensables à la synthèse des protéines, formant une entité essentielle du vivant. Ces similitudes entre la Kabbale et la biologie moléculaire évoquent bien plus que l’idée d’un pouvoir symbolique.
- Votre connaissance de la Kabbale et des 22 lettres hébraïques vous aide-t-elle à mieux soigner vos patients?
A.-T. : La Kabbale est une philosophie de l’unité, matrice commune à tous les êtres à l’image de l’ADN. Cette philosophie de l’unité est pour le médecin que je suis, le reflet de l’unité du corps et de l’esprit. Soigner, c’est écouter, entendre au-delà des mots, déceler des signes. C’est aussi savoir interpréter pour arriver à cette parfaite harmonie entre le corps et l’esprit. L’exercice de la médecine m’a amené à constater une part de subjectivité dans les soins. Nous avons tous, parmi nos patients, des cas qui nous ont surpris, qui ont défié nos concepts rationnels de la médecine. Ces patients nous amènent à nous interroger. La Kabbale considère que l’homme n’est pas figé, qu’il a toujours la possibilité de s’en sortir. Cette notion m’amène à dire que nous avons tous en nous, des ressources insoupçonnées qu’il faut savoir exploiter. Soigner, c’est accompagner son patient pour le guider vers le chemin de la guérison. Soigner c’est se soucier de l’Autre pour lui redonner de l’espoir. C’est ce message d’espérance que je souhaite transmettre à travers mes écrits.
- Peut-on établir des ponts entre Médecine et Kabbale?
A.-T. : Il existe de nombreuses affinités entre médecine et Kabbale. La médecine tente de dévoiler les maux du corps, à l’image de la Kabbale qui dévoile ce qui est caché dans le Texte. Le kabbaliste et le médecin manifestent tous deux dans une volonté de comprendre le vivant. Ils partent tous deux du postulat de l’intelligibilité du monde et du corps, mais n’en ont pas la même interprétation : Pour le médecin, il n’y a aucune limite à la connaissance de l’homme - tout est une question de temps -, alors que pour le kabbaliste, notre compréhension et nos connaissances sont limitées ce qui empêche l’homme d’arriver à une totale compréhension de la création. C’est cette part de subjectivité qui doit nous rappeler que la médecine reste un art et non une science.

Dr. Ariel Tolédano – « Médecine et Kabbale – Le pouvoir des lettres » - Editions Inn Press – Août 2015 – 280 pages – 18 euros -

Site : www.inpress.fr

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Interview de Jacky Milewski

21 Décembre 2015

Interview de Jacky Milewski

Jacky Milewski: « Le peuple juif s'est fondé, façonné, forgé, autour de sa loi, la Torah »

- Rabbin Milewski, vous êtes l’auteur du livre : ”Plaidoyer pour le judaïsme de nos Pères, pour nos enfants” (Biblieurope). Quelle différence faites-vous entre judéité et judaïsme?
Jacky Milewski: La judéité est inextricablement liée au judaïsme car le peuple juif s'est fondé, façonné, forgé, autour de sa loi, la Torah. L'histoire juive est, par essence et définition, une histoire religieuse. C'est dans le domaine de la spiritualité que les juifs, tout au long de l'histoire, se sont singularisés et ont été reconnus en tant que tels. Ce n'est que depuis l'émancipation qu'une certaine idéologie a tenté de déconnecté la judéité du judaïsme créant ainsi une nouvelle manière d'être juif que la tradition et l'histoire ne connaissent pas.
- La transmission rigoureuse des lois de la Torah explique-t-elle la pérennité du peuple juif jusqu’à nos jours?
J.-M.: Bien sûr! C'est une transmission rigoureuse des lois de la Torah qui a assuré la cohésion et l'unité du peuple juif malgré sa dispersion aux quatre coins du monde et l'hostilité ambiante. C'est parce que chaque communauté avait à coeur de transmettre ce qu'elle même avait reçu que le peuple juif a pu resté fidèle à lui-même. Un système de courants où l'on dit une chose et son contraire met un point final à la cohésion du peuple, à la reconnaissance des uns par les autres.
- L’interprétation et l’adaptation des lois de la Torah de nos jours sont-elles les mêmes que pendant l’Antiquité?
J.-M.: Le mode d'étude, la pratique halakhique, l'approche méthodologique, sont invariablement les mêmes à travers l'histoire. Cette procédure assure la stabilité et l'équilibre de la loi à travers les âges. La méthode est purement logique, objective, dénuée de toute idéologie ou indexation au relativisme des mentalités du moment.
- La venue du Messie va-t-elle confirmer la vérité de la Torah?
J.-M.: Par la force des choses, oui puisque la tradition juive a formulé la promesse de la libération. Mais, le messianisme n'a pas cette fonction en tant que projet premier.

Jacky Milewski – Plaidoyer pour le judaïsme de nos Pères, pour nos enfants » - Biblieurope – 2015 – 194 pages – 14 euros - Site: www.biblieurope.com

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Interview de Frédéric Chaouat

18 Décembre 2015

Interview de Frédéric Chaouat

Frédéric Chaouat: « Ce serait formidable que les hommes politiques s'inspirent de mon ouvrage »

- Frédéric Chaouat, vous êtes professeur d’anglais, auteur du livre: “La sagesse politique du Talmud et de la Torah” (éditions Tatamis). Selon vous, la pensée talmudique et la pensée laïque sont-elles compatibles?
Frédéris Chaouat: Bien entendu. Toutes les lois sociales, juridiques, écologiques… issues du Talmud sont parfaitement compatibles avec la pensée laïque. Il va sans dire que toutes les lois concernant chabath ou les fêtes ne le sont pas, ou si peu, mais toutes les autres lois peuvent facilement être transposées à notre époque moderne. Il est clair toutefois que des modifications, des alternatives, des transformations seront parfois nécessaires (...) mais pour l’ensemble il n’y a aucun problème. Pour ma part je suis toujours surpris par les réflexions de mes lecteurs (pour la plupart non juifs). Beaucoup apprécient l’ouvrage et me formulent, presque à l’unisson: « tu ne poses pas seulement les bonnes questions, tu y réponds aussi »… Ce qui prouve naturellement que les pensées talmudiques et laïques sont parfaitement compatibles… Je pense aussi par exemple à cette amie enchantée à l’idée des villes de refuge pour le criminel involontaire. Dans le manuscrit, naturellement, je ne reproduis pas les villes de refuge mais j’en parle. Et je préconise même dans l’ouvrage que pourquoi pas, pour un criminel involontaire, l’Etat pourrait l’encourager (moyennant finance) à le déplacer lui et toute sa famille dans une autre ville d’autant plus que parfois la famille de la victime connait le nom et l’adresse du meurtrier involontaire… Imaginez un peu l’effet de cette loi au siècle dernier dans certaines familles siciliennes d’antan. Grand nombre d’existences auraient ainsi pu être épargnées… Encore un exemple qui prouve parfaitement la presque parfaite adéquation de la pensée talmudique et de la pensée laïque…
- Pensez-vous que les lois sociales et juridiques contenues dans le Talmud pourraient inspirer les hommes politiques?
F.-C.: Evidemment, et c'est le but même. Comme disent les Sages "Les lois doivent être disposées devant les hommes, comme une table dressée sur laquelle on peut manger ce que l'on désire." (Mékhilta; Rachi) Ainsi, dans le désert politique que nous connaissons (expression reprise par mon éditeur même), ce serait formidable que tous les hommes politiques s'inspirent de mon ouvrage. Prenons un exemple. Lors des comparutions immédiates on faisait toujours passer les femmes avant les hommes. Ppourquoi? Et les Sages de répondre "Certes, même si ce n'est nullement la place d'un homme de se retrouver au tribunal, c'est encore moins la place d'une femme « …. Car comme on le sait tous, les femmes naissent bien plus droites que les hommes"... Ainsi, afin de ne pas rajouter plus de honte à une femme, on la faisait toujours passer en premier.... Cet exemple est juste un détail dans toutes les lois juridiques, sociales, économiques... que j'ai transposées à notre époque moderne. Et pourtant, même si un seul juge français dorénavant agissait ainsi, ou encore mieux, si une loi juridique recommandait à tous les magistrats de procéder de la sorte, je serais tellement fier de moi, non point pour mon orgueil personnel, mais tout simplement parce que j'aurais fait progresser le monde d’un petit pas de plus. Et dès lors, si chacun de nous véritablement se comportait de la sorte, à promouvoir de nouvelles initiatives, c'est le monde entier j’en suis convaincu qu'on élèverait vers la sainteté... -
- Les 10 commandements ont-ils inspiré la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen?
F.-C.: Evidemment. Beaucoup d’auteurs se sont inspirés du Talmud. Et aujourd’hui tout le monde le reconnait. Mais notre véritable travail à nous à présent ne consiste nullement à rappeler les 10 commandements à nos semblables ni même la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, mais bien plus à promouvoir les 7 lois Noahides (de Noé) car celles-ci sont fondamentales pour toute l’humanité. Certains affirment même que le Machiah(Messie) ne viendra que lorsque tous les non juifs auront adhéré aux lois Noahides. Les Sages indiquent également que les dix commandements ne sont contenus que dans le premier. En effet, ce dernier porte toute la quintessence morale de l’humanité, et c’est bien entendu notre devoir à nous de le révéler à tous…

Frédéric Chaouat - « La sagesse politique du Talmud et de la Torah » - éditions Tatamis - Juillet 2015 - 316 pages – 20 euros – site: www.editionstatamis.com/

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Interview de Gérard Haddad

19 Novembre 2015

Interview de Gérard Haddad

Gérard Haddad : « Comprendre cette maladie de l’esprit qu’est le fanatisme »

- Gérard Haddad, vous êtes psychanalyste et essayiste, votre dernier livre s’intitule “Dans la main droite de D.ieu” (Premier Parallèle). Comment devient-on fanatique?
Gérard Haddad : Conservons à ce mot son sens le plus fort, à savoir le projet d’imposer, y compris par la force et le meurtre, ce que l’on croit être la vérité absolue. On ne nait bien sûr pas fanatique. L’environnement familial a certes son importance. Mais il joue parfois un rôle minime. Il me semble que, dans la plupart des cas, la conversion fanatique est précédée d’une période où le sujet mène une vie dissolue, délinquante parfois mais qu’il ressent comme vide de sens, une sorte de mort psychique parfois ou, à minima, un désenchantement du monde. Peut survenir alors la rencontre avec un discours fanatique qui va ré-enchanter ce monde Comme dans la paranoïa, tout prend sens alors. Le brouillard se dissipe. On est prêt à se mettre au service de ce discours fanatique.
- Le fanatisme est-t-il seulement religieux?
G.-H. : Il est courant d’assimiler automatiquement le fanatisme à une dérive du religieux. Dans mon ouvrage, j’ai distingué quatre formes de fanatismes, qui souvent se mélangent et brouillent l’analyse. Les fanatismes qui ont fait le plus de mal au XXème siècle, le nazisme et le communisme, étaient antireligieux. A l’inverse de grands croyants ont été à l’avant-garde du combat contre le fanatisme.
- Existe-t-il des moyens pour combattre le fanatisme?
G.-H. : La première étape de ce combat, c’est d’essayer de comprendre cette maladie de l’esprit qu’est le fanatisme. Se contenter de le condamner, de moraliser comme on le fait le plus souvent, me parait totalement inefficace. C’est à cette tâche de compréhension et d’analyse que je m’efforce de contribuer. Les facteurs généraux qui favorisent le développement du fanatisme sont socio-historiques ; humiliations collectives, misère, persécutions. Au niveau individuel, faire renoncer un sujet converti à une forme de fanatisme est très difficile. En conclusion, le fanatisme est une des principales causes du malheur humain.

Gérard Haddad - « Dans la main droite de D.ieu Psychanalyse du fanatisme » - éditions Premier Parallèle - Août 2015 - 130 pages - 12 euros.

Site internet : www.premierparallele.fr

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Interview de Dov Zerah

16 Novembre 2015

Interview de Dov Zerah

Dov Zerah: “Quel destin fantastique que celui de Rabbi Méïr !”

- Dov Zerah, vous êtes conseiller maitre à la Cour des Comptes, ancien élève de l'ENA, membre de la promotion Voltaire. Votre dernier livre s'intitule “A la découverte de Rabbi Méïr Le Maitre du Miracle” (Les éditions des Rosiers). Quelle place occupe Rabbi Méïr dans la tradition juive?
Dov Zerah: Même si certains doutent de la réalité de son tombeau au sud de Tibériade, il est le seul des grands Sages de cette période critique pour le peuple juif, avec Chimon bar Yohaï, à être autant vénéré, célébré chaque année… De par ces « hilloulot », la notoriété de ces deux maîtres respectivement de la Michna et du « Zohar », la Kabbale, est plus importante que celle de Hillel l’Ancien, Chammaï, Yokhanan ben Zakkaï, ou Rabbi Akiva, ou même Rabbi Yéoudah Hanassi, le rédacteur de la Michna, le notaire qui a compilé toutes les « michnayot » dont celles de son maître Rabbi Méïr… Cela explique que lors des prières de Kippour, les fidèles prononcent plusieurs fois « Dieu de Rabbi Méïr, exauce-nous ! ». Comme pour la hiloula, il convient de noter que dans cette prière « exauce-nous… », seuls deux Sages sont distingués : Rabbi Méïr et Rabbi Chimon bar Yohaï, et aucun autre ! Cela permet de mesurer le souvenir qu’ils ont laissé et qui s’est perpétué à travers les âges. L’origine de la hilloula est exceptionnelle. En 5624 (1864), les rabbins de la ville de Tibériade essaient de copier l’événement, la hiloula qui ponctue chaque année la vénération pour Rabbi Chimon bar Yohaï à Méron. Ils décident de faire construire un bâtiment autour de la tombe pour y abriter une école talmudique, une Yéchiva. Ils lancent une souscription, et une fois le bâtiment construit se pose la question du choix du jour de l’inauguration. Ne connaissant pas la date du décès de Rabbi Méïr, ils choisissent Pessah chéni ; l’inauguration en 5627 (1867) est un tel succès que la hiloula sera renouvelée année après année pour devenir une tradition.
- Quelle a été sa contribution à la Halakha?
D.-Z.: Face au danger de la disparition totale du judaïsme, de son extinction comme les dix tribus du Nord d’Israël, les Sages vont, au risque de leur vie, accomplir un travail exceptionnel de consignation et de transmission des enseignements de Moshe Rabenou. Ce besoin de survie par le texte et la loi sinaïtique est exceptionnel. Dans ce travail commencé au moment de la destruction du deuxième temple, Rabbi Méïr a occupé un rôle central. Il est l’auteur de la Michnah, même si sa rédaction est assurée par son élève Rabbi Yéhoudah Hanassi.
- Quels miracles a-t-il accomplis?
D.-Z.: Rabbi Méïr est maître du miracle, d’un miracle. Le Talmud de Babylone, Traité Avoda Zara, dans sa page 18a rapporte une hagadah, une histoire. Brouria, sa première épouse, a accepté le décret impérial de mise à mort de son père et sa mère, mais elle refusait la situation de sa sœur, arrêtée et placée dans un lieu de prostitution. Brouria interpelle Rabbi Méïr : « j’ai de la peine et de la honte pour ma sœur qui se trouve dans un tel endroit. Je t’en conjure, fais en sorte de la sauver et de la délivrer de ce lieu de perdition ». Rabbi Méïr prit la moitié d’un Séa en pièces d’or et se dit : « si elle n’a pas commis d’avéra, de mauvaise action, le ciel fera un miracle ; en revanche, si elle a fauté, rien ne la sauvera ». Pour être certain de la conduite de sa belle-sœur, Rabbi Méïr prend un tarkab de dinars, se déguise en cavalier romain et tente de la séduire. Elle lui répond : « j’ai mes règles ». Rabbi Méïr insiste et rétorque qu’il attendra. Mais cette femme d'une grande sagesse le repousse en usant de différents arguments, et voyant sa réaction, Rabbi Méïr comprend qu’elle est restée droite et pure. Rabbi Méïr s’adresse alors au gardien de l’endroit et lui dit : «Délivre moi cette personne ». Le gardien lui répond : «Je ne peux pas, j’ai peur de mes autorités, car elles finiront par le savoir, et je serai mis à mort ». Rabbi Méïr le corrompt avec un sac de pièces d’or en lui disant : «Prends la moitié des pièces d’or pour tes besoins personnels et avec le reste tu pourras soudoyer ceux qui risquent de te dénoncer à tes supérieurs ». Le gardien lui rétorque : «Que ferai-je lorsque les pièces d’or auront été utilisées? Comment pourrai-je me faire accepter auprès de mes supérieurs ?» Rabbi Méïr lui dit alors : «Invoque le Dieu de Rabbi Méïr en disant “Dieu de Méïr, réponds-moi” et tu seras sauvé». La formule exige explication. Le Maharcha explique que Rabbi Méïr invoqué dans sa formule, ne faisait pas référence à son propre nom, car il n’est pas de tradition d’associer le nom de l’Eternel à un saint de son vivant. Il donne deux interprétations. Méïr peut être pris dans son sens littéral de lumière, ce qui donnerait « l’Eternel qui éclaire le Monde et ses habitants ». La seconde explication renvoie à l’Eternel qui nous a éclairés durant les dominations grecque et romaine. Quant au Hida, dans son commentaire Petah Enaïm sur ce passage d’Avoda Zara, il explique que cet épisode a fait de Rabbi Méïr un thaumaturge, et que son nom et cette formule sont régulièrement évoqués, en cas de besoin. Pour toute réponse, le gardien se moque de Rabbi Méïr, tout en étant suspicieux, et demande : « qui sera mon garant, pour que j’arrive à me sauver de ceux qui voudront attenter à ma vie ? ». Rabbi Méïr lui rétorque qu’il est prêt à lui faire la démonstration de la pertinence de ses propos. Rabbi Méïr et le gardien se trouvent à proximité de chiens sauvages, mangeurs d’hommes. Rabbi Méir les provoque en leur envoyant des cailloux. Les chiens en colère cherchent alors à sauter dessus pour le dévorer. Rabbi Méïr ne bouge pas, reste calme et, avec quiétude et intensité, dit : « Dieu de Méïr, réponds-moi ». Tout à coup, les chiens s’arrêtent et le laissent tranquille. Epoustouflé par ce qu’il vient de voir, le gardien accepte de remettre en liberté la belle-sœur de Rabbi Méïr. Quelques jours après la libération, les faits ont été rapportés aux autorités, et le gardien dénoncé. Condamné à mort par pendaison, le gardien murmure alors : « Dieu de Méïr, réponds-moi » lorsqu’on le place sur la potence. Brutalement, la poutre de la potence tombe et le gardien est sain et sauf. Les événements apparurent tellement extraordinaires aux yeux des Romains qu’ils interrogèrent le gardien : « Es-tu un sorcier pour que la mort n’ait pas de prise sur toi ?». Il leur raconte alors toute l’histoire. Les Romains ont aussitôt gravé le portrait de Rabbi Méïr sur toutes les portes de la ville, et quiconque reconnaissait cet homme, devait le capturer et le confier aux autorités. Avec cette histoire et avec un seul miracle, Rabbi Méïr est alors dénommé maître d’un miracle. Il y a une autre histoire rapportée dans le livre avec Yéoudah de Atanot qui pourrait s’apparenter à un miracle. En fait, Rabbi Méïr, par intelligence et obstination modifie un décret divin.
- Comment Rabbi Méïr se comportait-t-il avec les Romains?
D.-Z.: Même si Rabbi Méïr vit dans Israël sous occupation romaine, il ne combat pas l’occupant romain, à la différence d’un de ses quatre maîtres Rabbi Akiva. Rabbi Méïr va néanmoins résister à l’occupation romaine en enfreignant certaines interdictions. Rabbi Méïr considère, comme la très grande majorité des maîtres de cette période, qu’il n’est pas possible de combattre la puissance romaine. Et il va consacrer toute sa vie à l’enseignement de la Torah, et de la loi orale, former des élèves pour assurer la transmission du message sinaïtique. Rabbi Méïr va être obligé de fuir les Romains, et de quitter Erets Israël à deux reprises : la première fois après son ordination par Rabbi Yéoudah ben Bava, et la seconde fois, après la réalisation de son miracle.
- Comment sa vie s’achève-t-elle?
D.-Z.: Quel destin fantastique que celui de Rabbi Méïr ! Nous ne connaissons ni sa date de naissance (vers 110), ni le lieu de sa naissance, ni sa date de décès (vers 175). Il n’y a aucune certitude sur le lieu de son décès, probablement Assia, en Babylonie, et c’est pourtant un deux maîtres du Talmud les plus connus et vénérés. Sa fin est néanmoins tragique. Kidouchim, dans sa page 80b rapporte une terrible histoire. Une fois Brouria s’est moquée des paroles et commentaires des Sages relatifs à l’esprit léger des femmes et à la facilité avec laquelle elles peuvent être séduites. Excédé, Rabbi Méïr lui dit: «Je jure de ta vie que tu finiras par reconnaitre les paroles des Sages, car toutes leurs paroles sont vraies ». Rabbi Méïr a ordonné à un de ses élèves de courtiser et de séduire son épouse. L’élève s’exécuta, et jour après jour, l’élève fait une cour assidue à Brouria, qui finit par céder. Lorsque Brouria apprit le stratagème de son mari, elle perdit la raison et s’étrangla. Pour avoir été à l’origine de cette tragédie, Rabbi Méïr éprouva beaucoup de peine, et pour se faire pardonner, il s’exila à Babylone et se remaria avec la sœur de Rabbi Yéochoua ben Zeroz. La perspective de mourir en dehors d’Israël et de ne pas être enterré dans sa terre le conduit à ordonner à ses élèves de l'enterrer, dans un premier temps, à côté d’un fleuve ou d’un lac, puis de l'inhumer définitivement en Israël, à Tibériade. Quand arriva son heure, il fut très peiné de se trouver en dehors d’Israël. Il dit alors aux Sages qui l’entouraient : « Dites à ceux qui habitent la terre d’Israël : voici votre messie. » Son intention était qu’ils se préoccupent de leur maître mort en dehors d’Israël et qu’ils transfèrent sa dépouille en terre sainte. Malgré les précautions prises, son esprit n’était pas apaisé. Aussi chercha-t-il des astuces pour lier son décès à la terre d’Israël : dans sa grande sagesse, il ordonna à ses élèves de poser son lit au bord de la mer car la terre d’Israël est basée sur des mers et des fleuves, comme il est écrit dans le deuxième verset du Psaume 24 : « Car c’est lui qui l’a fondée sur les eaux et l’a établie sur les fleuves ». Ce verset est lu à l’office du Jour de l’an, dans la prière pour la parnassa, qui détermine le degré de subsistance matérielle pour l’année à venir. La terre est placée sur les eaux sans être engloutie, et cette configuration établit le lien entre la terre et les eaux. Aussi, chaque bord de mer a un lien avec une des mers qui bordent Israël, et mourir sur le bord d’un fleuve ou d’une mer, même en dehors d’Israël, peut être considéré comme le fait de mourir en terre d’Israël. Il est généralement considéré que le caveau du Tanna Rabbi Méïr se situe à la sortie sud de Tibériade, mais aucune preuve formelle, incontestable ne peut être produite.

Dov Zerah - “A la découverte de Rabbi Méïr Le Maitre du Miracle” - Les éditions des Rosiers - Octobre 2013 - 224 pages - 15 euros - Site: www.editionsdesrosiers.fr

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Interview de Dominique Frisher

10 Septembre 2015

Interview  de  Dominique  Frisher

Dominique Frisher: « Pour sa famille Golda Meir est vécue comme l'enfant du miracle »

- Dominique Frisher, votre livre: “Golda Meir La femme derrière la légende” est paru aux éditions L’Archipel. L’enfance de Golda Meir a-t-elle joué un rôle déterminant dans son engagement sioniste?
Dominique Frisher: Elle a joué un rôle déterminant pour diverses raisons. Tout d'abord l'accroissement de l'antisémitisme dans la Russie tsariste, Golda naît en 1898 à Kiev dans une famille très pauvre. C'est donc à la fois la proclamation de lois antijuives et de mesures discriminatoires qui condamnent la population juive à une misère noire et c'est aussi une période où les pogroms prennent une ampleur terrifiante jamais égalée jusque là. Ce n'est pas un hasard si les idées de Herzl se propagent en Russie plus que partout ailleurs. Et Golda a été précocement sensibilisée à la fois au sionisme et aux idées socialistes par sa sœur aînée qui, a 14 ans, était déjà une militante du Poalei Sion, la tendance socialiste du sionisme. Pour des raisons familiales également, car Golda vient au monde après cinq garçons morts-nés. Pour sa famille elle est vécue comme l'enfant du miracle promue à un destin exceptionnel d'autant qu'elle était ravissante, très intelligente et, très tôt, a manifesté une personnalité très affirmée.
- Comment Golda Meir a-telle participé à la création de l’Etat d’Israël?
D.-F.: Comme elle a émigré aux Etats-Unis avec sa famille à l'âge de 8 ans, et que lorsqu'elle arrive en Palestine à 21 ans, elle est l'une des rares à parler l'anglais couramment et sans accent. Cet atout ainsi que son talent oratoire lui permettront d'être envoyée aux Etats-Unis pour récolter, auprès de la communauté juive, l'argent nécessaire à Israël d'abord pour acheter des armes pour se défendre lors de la guerre d'indépendance, et ensuite toutes les sommes nécessaires à l'accueil des immigrants et au développement du pays. Et, à chaque fois, elle dépassera de loin les objectifs qu'on lui avait fixés. Mais elle a aussi participé à tous les combats pour l'indépendance avec un dévouement extraordinaire.
- Comment a-t-elle pu devenir premier ministre (1969-1974) dans une société plutôt “masculine”?
D.-F.: C'est une histoire politicienne et un compromis à l'intérieur du parti travailliste. Les deux candidats pressentis pour leurs qualités et pour leur jeunesse ont été récusés par la vielle garde. Moshe Dayan leur paraissait trop impulsif et on ne lui pardonnait pas d'avoir suivi Ben Gourion qui avait quitté le Mapaï pour créer un parti à sa botte. A Ygal Allon, on reprochait d'être trop à gauche. Le consensus s'est donc fait sur la vieille Golda (70 ans) qui avait été deux fois ministre et appartenait à la vieille garde qui tenait les rênes du parti. Sans oublier qu'elle était extrêmement populaire!
- De quelle façon se terminent la carrière politique et la vie de “la dame de fer israélienne”?
D.-F.: Elle se termine sur la guerre du Kippour dont elle porte en grande partie la responsabilité à cause de son intransigeance à négocier et à envisager la restitution des territoires conquis par Israël après la Guerre des Six-jours. La guerre de Kippour a été une tragédie pour Israël qui a failli perdre la guerre, ce qui selon les dires de Ben Gourion,aurait signifié non seulement une défaite mais encore son anéantissement en tant que nation. En outre, le nombre de morts fut considérable.L'aura de Golda, en Israël, en a terriblement pâti surtout lorsqu'on a appris qu'elle avait laissé sans réponse toutes les offres de Sadate pour la rencontrer afin de signer un traité de paix entre Israël et l'Egypte. En effet la guerre des Six-jours s'est terminée sur un arrêt des combats non suivi de la signature d'accord de paix. Ainsi, le jour des obsèques nationales de Golda Meir, qui avait démissionné quelques mois après la guerre de Kippour, pour se soigner et enfin se reposer, des mères de soldats morts sont venues injurier sa dépouille exposée à la Knesset.

Dominique Frisher - "Golda Meir La femme derrière la légende » - L'Archipel - Avril 2015 - 544 pages - 24,95 euros -

internet: www.editionsarchipel.com

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Interview de Raphaël Delpard

10 Septembre 2015

Interview de Raphaël Delpard

Raphaël Delpard: « Le crime nazi a été rendu possible par le silence des nations »

- Raphaël Delpard, vous êtes l’auteur du livre “La conférence de la honte Evian, juillet 1938” paru aux éditions Michalon. Pourquoi le président américain Franklin Roosevelt a-t-il proposé de tenir cette conférence à Evian du 6 au 15 juillet 1938?
Raphaël Delpard: Il faut savoir que le président américain a longtemps traîné les pieds avant d'envisager la conférence. Il y avait en Amérique beaucoup de réticences; envers les juifs en premier en dépit de la communauté juive laquelle ne s'est véritablement mobilisée qu'après la conférence, elle a senti le danger sans pouvoir bien entendu le mesurer dans l'ampleur à venir. N'oublions pas non plus la crise économique de 1929 qui se faisait encore ressentir. Enfin, une opposition très forte pesait sur la politique américaine. Roosevelt était coincé entre les différentes positions, et ses propres valeurs. Quoi qu'on dise aujourd'hui et sans pour autant le qualifier d'antisémite, il n'était guère favorable aux Juifs en général à cause en particulier de son éducation religieuse.
- Quel était l’enjeu de cette conférence?
R.-D.: L'enjeu était simple: que chaque délégué présent - ils étaient 29- prendrait chez lui, un nombre de réfugiés - on ne disait pas juifs- Il n'y avait pas de quotas imposés.
- Cette “Conférence de la honte” a-t-elle été l’un des principaux facteurs qui a permis la déportation des juifs d’Europe par l’Allemagne nazie?
R.-D.: Parce que les 29 délégués n'ont pas eu le courage d'affronter Hitler, ce dernier savait qu'il pouvait mettre en place sa politique d'épuration même si, en 1938, il n'avait aucune idée de ce qu'elle serait sur le plan technique, et que le monde ne l'empêcherait pas. Il le dit dans un discours au Parlement. Il invective les puissances étrangères et se moque en leur disant : "Vous m'accablez en permanence parce que je suis méchant soi-disant avec ces voleurs de juifs, mais dès qu'il s'agit de les aider, il n'y a plus personne : des paroles, oui, des actes non!
- Comment expliquer que cette page d’histoire soit aussi peu connue du grand public?
R.-D.: Je n'ai pas une explication claire. Je suppose que les dirigeants, compte tenu de la découverte qu'ils feront en 1945 de l'ampleur du drame, préféreront taire ce triste et monstrueux épisode. Ceci me fait dire "Si le crime nazi envers les Juifs et les Tziganes est imprescriptible, il a été rendu possible par le silence des nations". A méditer en permanence.

Raphaël Delpard - La conférence de la honte Evian, juillet 1938 - Mai 2015 - 256 pages - 19 euros internet: www.michalon.fr

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Interview de Franck Lambez

23 Août 2015

Interview de Franck Lambez

Franck Lambez: « La sin-at ‘hinam est la raison de la perte de notre second Temple »

- Franck Lambez, votre livre s’intitule “Exil et préjugés - Comment combattre la sin-at ‘hinam?”. Comment la Torah définit-elle la sin-at ‘hinam?
Franck Lambez: Ce qu’il faut savoir c’est que la sin-at ‘hinam est la cause de la destruction de notre second Temple, de notre exil actuel. Si notre délivrance n’intervient pas de nos jours c’est que nous éprouvons tous de la sin-at‘hinam. C’est le point de départ de mon étude. La Torah écrite énonce l’interdit d’éprouver de la sin-a. La Torah orale nous en donne les définitions. L’interdit biblique se trouve dans le Lévitique (19:17), que je vais dans un premier temps traduire de manière classique : « ne hais pas ton frère dans ton coeur, fais-lui des reproches et tu ne fauteras pas à cause de lui ». La Michna, dans le traité Sanhédrin (chap. 3, Michna 5), nous offre une définition claire de celui qui éprouve de la sin-a : « il n’a pas parlé à quelqu’un depuis trois jours à cause d’un différend ». Ensuite Rachi nous donne la définition de la sin-at ‘hinam (TB chab 32b): « il n’a pas vu en lui une faute qui autoriserait la sin-a et pourtant il a pour lui de la sin-a » Jusqu’à présent nous préférions utiliser cette mauvaise traduction : « haine gratuite ». Ceci nous a amené à des impasses, car la haine est un sentiment extrême, éprouvé dans le peuple juif par très peu de personnes. Alors comment travailler sur ma haine, si je n’en éprouve pas ? Pourtant en ne parlant pas avec quelqu’un, nous sommes bien loin de la haine. On peut traduire la notion de sin-a par être fâché, « rester fâché » pour évoquer la notion de durabilité. Nous en arrivons à une traduction du texte du Lévitique (19:17) bien plus cohérent avec la Torah orale: « Ne reste pas fâché avec ton frère dans ton coeur, évoque lui ton différend et tu ne fauteras pas à cause de lui »
- Connait-on l’origine de la sin-at ‘hinam?
F.-L.: La jalousie est à l’origine de la sin-at ‘hinam. Le premier exemple est la haine de Caïn pour Abel. Mais j’évoque dans mon livre la jalousie des frères de Yossef contre lui et tous les malheurs qui en ont découlé. Cette sin-at ‘hinam est la première entre les enfants d’Israël et n’a jamais été résolue. En effet, il n’y a pas eu réconciliation entre frères et l’asservissement d’Egypte a encore plus entériné cela.
- Le peuple juif a-t-il beaucoup pâti de cette haine gratuite?
F.-L.: C’est un euphémisme que d’évoquer cela! La sin-at ‘hinam est la raison de la perte de notre second Temple, de notre exil actuel de 2000 ans avec tous ses malheurs. Il faut également savoir qu’elle est la base de toutes les dissensions qui existent dans le peuple juif. On évoque beaucoup le lachone harah (médisance) comme étant un fléau contre lequel se prémunir. Il faut savoir que le ‘Hafetz ‘Haïm annonce clairement que le lachone harah a pour origine la sin-at ‘hinam. Ce n’est pas compliqué de s’en convaincre.
- Existe-t-il des moyens afin de s’en prémunir?
F.-L.: Ce qui est étonnant, c’est que ce moyen est directement énoncé dans le texte biblique : « évoque-lui ton différend ». Parler avec son agresseur de ce que l’on a ressenti lorsqu’il nous a agressé (c’est un commandement biblique !) atténue les sentiments que l’on pourrait éprouver contre lui. Ce sont des conclusions auxquelles arrive également la psychanalyse. Mais ce qui constitue la plus grande avancée dans ce domaine, c’est le fait que la Torah nous montre qu’à travers la parole, toute cette sin-a peut être contrôlée : Lorsqu’on ne parle pas à quelqu’un, on éprouve de la sin-a. Pour ne pas éprouver de la sin-a, il faut aller lui parler. Pour se réconcilier, il faut se parler. Si on a un sentiment négatif envers quelqu’un, on a être amené à parler de cette personne en mal (lachone harah). Pour éviter le lachone harah, il faut aller parler avec notre agresseur. Il ne s’agit clairement pas de pardonner à mon agresseur, mais de bien lui faire comprendre la souffrance qu’il a occasionnée et de lui demander éventuellement réparation, dans les bonnes règles que nous offre la Torah. Evidemment, tout le monde trouvera un cas de personne avec qui l’ « on ne peut pas parler ». Les cas complexes existent dans tous les domaines, mais cela ne doit pas nous empêcher d’appliquer ces principes aux cas simples, puis de les étendre. Ce qui vaut pour la sin-a, marche également pour la sin-at ‘hinam. Je montre, dans mon livre, qu’un certain type de sin-at ‘hinam prend sa source dans une volonté de se surprotéger d’agressions que l’on aurait subies. Gérer chaque agression en parlant à son agresseur évite ce phénomène de surprotection. Je montre également que les préjugés arrivent à polluer mon jugement sur l’autre et que cela nous mène à la sin-at ‘hinam. Le seul moyen de contrer le préjugé est la discussion d’individu à individu.

Frank Lambez « Exil et préjugés » - préface du Rav Messod 'Hamou - 2014 - 192 pages - 15 euros. Site nternet: combattre sinat hinam - Commande: lambez@gmail.com

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Interview de Radu Ioanid

28 Juin 2015

Interview de Radu Ioanid

Radu Ioanid: "Le général Antonescu a ordonné les déportations des juifs de Jassy"

- Radu Ioanid, vous êtes diplômé de l’Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris et directeur du département des programmes internationaux d’archives du musée mémorial de l’Holocauste des Etats-Unis. Vous êtes l’auteur du livre “Le pogrom de Jassy 28 juin – 6 juillet 1941”. On apprend que plus de 13 000 juifs furent assassinés en neuf jours à Jassy (Roumanie). Comment et par qui ce pogrom a-t-il été organisé?
Radu Ioanid: ​Le pogrom a été organisé par le Deuxième Bureau de l'Etat Major de l'armée roumaine ​et par les services secrets roumains (SSI). Le général Antonescu , dictateur de la Roumanie à ce moment-là a ordonné les déportations des juifs de Jassy.
- Vous avez sélectionné 127 photos pour illustrer votre ouvrage. Comment expliquer qu’autant de photos furent prises pendant ce pogrom?
R.-I.: ​Ce sont le services secrets roumains mais aussi des militaires allemands qui ont aussi participé au pogrom qui ont pris les photos. ​Beaucoup de ces photos ont été envoyées par ces militaires allemands à leur famille comme "souvenirs".
- Comment s’est comporté le gouvernement roumain pendant la Shoah? ​
R.-I.: Le gouvernement roumain a eu sans doute une responsabilité majeure dans la destruction et la déportation des juifs roumains et ukrainiens spécialement en Moldavie du nord, en Bessarabie, Bukovine et en Transistrie (territoire situé entre les rivières Dniester et Boug et occupé par la Roumanie entre 1941 et 1944).​

Radu Ioanid - Le pogrom de Jassy - 28 juin - 6 juillet 1941 - Avril 2015 - 144 pages - Calmann Lévy -

Sites: www.calmann-levy.fr www.memorialdelashoah.org

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Interview de Michèle Abitbol-Bergheimer

21 Juin 2015

Interview de Michèle Abitbol-Bergheimer

Michèle Abitbol-Bergheimer : « Les histoires bibliques sont porteuses de valeurs humaines »

- Michèle Abitbol-Bergheimer, vous êtes psychothérapeute psychanalyste, vous êtes co-auteur, avec Paul Sillam, du livre “Psychanalystes et religieux Regards croisés” (desclée de brouwer). L’objectif de ce livre est-il de montrer que psychanalyse et religions sont compatibles ?
Michèle Abitbol-Bergheimer : Oui. Nous voulions montrer de quelle côté est la compatibilité. Les histoires bibliques sont porteuses de valeurs humaines. La sortie d'Egypte, sortie de l'esclavage, nous concerne tous. Elle est un exemple de sevrage. Chaque histoire qui nous est transmise peut être vue comme une façon de préparer l'avenir de celui qui lit ces histoires. La psychanalyse aussi propose aux patients d'accompagner leur sortie de l'esclavage. Faire une thérapie ou lire les histoires bibliques permet de prendre le temps pour sortir des sevrages.
- On en apprend davantage sur l’âme humaine en lisant les textes sacrés que les textes psychologiques?
M.-A.-B. : Bien sûr que chaque personnage de la Bible porte des valeurs humaines et pour certains on voit bien leur relation à D. La différence entre les histoires bibliques et celles de nos patients c'est que, dans la Bible, nous connaissons la fin de l'histoire alors que les textes psychologiques permettent juste d'alimenter une réflexion sur soi au présent
- N'est-il pas possible d’écrire un livre similaire en se basant sur les textes mythologiques?
M.-A.-B. : C'est tout-à- fait notre projet d'écrire des consultations psy et de demander à des spécialistes de la mythologie, comme on l'a fait avec des rabbins et des prêtres, à quelle histoire notre étude psy leur fait penser. On a pensé aussi aux fables de La Fontaine, aux contes de Perrault voire aux légendes des différentes cultures du monde.

Michèle Abitbol-Bergheimer - Paul Sillam - « Psychanalystes et religieux Regards croisés » - mars 2015 - desclée de brouwer - 196 pages - 15,90 euros.

Site : www.editionsddb.fr

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